Jonas Locht
Artiste plasticien belge, né en 1980, vit et travaille à Bruxelles.
Soap Addiction
Mon projet consiste à interroger la notion de bien-être à travers la production d’objets industriels du temps présent. Les objets de bien-être s’imposent de façon impérieuse, façonnent de plus en plus notre propre image et apparaissent comme la composante d’un jeu social où certains brillent et d’autres perdent. Ma démarche questionne les formes et m’amène à une approche de la sculpture en tant que moyen de révélation.
En partant d’objets issus de l’industrie automobile ou mécanique (trouvés dans une casse et dépecés de tout ce qui sera inutile), il s’agit d’opérer – par moulage – une transposition dans un matériau innovant, notamment le savon, essentiel dans la course à l’hygiène corporelle.
J’ai amorcé cette recherche par la découverte du travail de Fred Krugger, concepteur de motos, dont je me suis senti proche dans la manière de concevoir l’objet ramené à une vision personnelle. Réduire l’objet à une annulation de son fonctionnement usuel afin de le donner à voir autrement.
Une des techniques employées pour la réalisation fera appel à une saponification à froid, procédé technique de fabrication artisanale consistant en un mélange d’huiles végétales et de soude caustique ainsi que d’autres additifs naturels.
Mon travail sculptural peut être envisagé comme un ajustement ironique de l’objet pour établir une distanciation par rapport au système de conditionnement que le produit de bien-être entretient avec le corps.
Et au-delà, interroger notre rapport à ce que fabrique, même écologiquement, la société de marché dans laquelle nous sommes.
Les sculptures que je veux réaliser proposent un regard critique sur l’univers technologique et ses évolutions incessantes. Je ne produis pas du savon mais des objets en savon, dans un mimétisme du monde industriel et à travers une métamorphose que je leur impose.
Les étapes du travail sont les suivantes :
1) Je construis d’abord la matrice en assemblant des éléments sculptés et des pièces de machines existantes. J’élabore ensuite une forme irréelle, imaginaire et faisant glisser la réalité dans le fantastique. Les différents matériaux utilisés pour la réalisation de la matrice, béton, métal et polystyrène, impriment une trace spécifique dans le rendu de l’objet fini, ce qui constitue un rappel de son origine et contribue à la fois à son propre langage.
2) Vient ensuite la confection de moules complexes en silicone et résine à base d’eau, constitués de plusieurs parties pour bien épouser toutes les formes de la matrice.
3) Les objets finis résulteront d’un tirage en savon. Pour chacun d’antre eux la formule de composition sera différente quant à l’aspect, la couleur et la consistance. Montées sur des grues d’ateliers ou de dispositifs évoquant le bien-être, les diverses sculptures apparaitront dans une mise en scène étudiée. Celle-ci donnera à cet ensemble d’êtres mi- inertes, mi- vivants une parole symbolique et parodique.
Exposition >30 juin 2022
Nous remercions la participation de la Commune d’Ixelles et l’asbl ArtContest ainsi que la Galerie Toison d’or qui met à disposition des espaces, à la fois d’exposition et d’atelier de jour, à la disposition de jeunes artistes plasticiens.


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